« On parle beaucoup de santé mentale aujourd’hui, mais on a encore souvent du mal à conjuguer à la première personne du singulier ».  Ce mardi 16 décembre, le directeur général de l’Agence Régionale de Santé (ARS) François MENGIN LECREULX a signé la mise en place du nouveau Projet Territorial de Santé Mentale (PTSM) de la Manche, en vigueur pour cinq ans. Il ouvre un nouveau chapitre dans la déclinaison des politiques de santé mentale à l’échelle territoriale.

« L’affaire de tous »

Le choix de la maison des adolescents de Saint-Lô pour dévoiler les contours de ce nouveau Dispositif n’est pas un hasard. En effet, le territoire de la Manche n’échappe pas à une crise de la Psychiatrie, et « à une demande croissante des patients, notamment des adolescents », a souligné le Directeur de l’ARS Normandie. Ce dernier fait alors de la santé mentale « l’affaire de tous ». Le taux de mortalité lié aux troubles mentaux est supérieur à la moyenne nationale.
A l’échelle de la Normandie, 24 millions d’euros ont été investis par l’ARS depuis le lancement du premier PTSM. Pour l’édition 2.0, les objectifs restent relativement les mêmes mais les acteurs souhaitent encore aller plus loin dans la « déstigmatisation des questions de santé mentale » et la « prise en charge précoce ». L’amélioration du repérage, l’accès aux soins somatiques, le prise en charge des urgences, la lutte contre la stigmatisation ainsi que la promotion de la santé mentale font notamment partie des axes de travail.

Un « SAS » Psy

Partie prenante du PTSM, la Directrice des maisons des adolescents de la Manche, Katia LE FEVRE, a souligné l’importance de la mobilité des acteurs dans ce département « qui compte le plus long kilométrage de route départementale ».

Pour répondre à cette problématique, le premier PTSM a permis l’élaboration d’une « équipe mobile adolescents », rattachée au Centre Hospitalier de l’Estran (Pontorson) qui intervient dans le Sud-Manche.

« Une quinzaine de formations de premiers secours santé mentale ont été dispensées en cinq ans », note aussi Marie REBILLON, Cheffe du projet. Autre avancée : la structuration d’un parcours de soins gradués pour les troubles du comportement alimentaire (TCA). Un service d’accès aux soins (SAS) psy afin d’améliorer la réponse aux urgences psychiatriques via un appel au 15, devrait voir le jour en 2026.

L’intervention de Monsieur FAURE portait sur la priorité 2 : « Parcours coordonnés et maintien en milieu ordinaire ». En voici les éléments :

Les enjeux que l’on peut voir dans le titre de cette priorité sont les suivants :

•    Le groupe de travail a saisi la coordination et le maintien en milieu ordinaire dans une approche populationnelle et territorialisée : maillage et chaînage constituent cette réflexion.

•    Il s’agit d’une coordination intersectorielle, horizontale qui fédère des partenaires, assembleurs de prestations pour sécuriser le parcours inclusif de la personne accompagnée, qu’elle relève ou non d’une double vulnérabilité ou encore d’une situation dite « complexe ».

•    Le maintien en milieu ordinaire signifie donc de maintenir la personne, (quelles que soient sa tranche d’âge et sa problématique s’y rattachant), dans son territoire de vie habituel et de l’étayer, de l’accompagner dans ses différents domaines de vie et particulièrement pour sa santé mentale.